Il Profumo della signora in Nero (Francesco Barilli)

Par Sylvain PERRET • 12 mai 2009 • Categorie: Films 1KultContacter l'auteur

Film inédit en France, Il Profumo Della Signora in Nero est typiquement le genre de petite perle qu’on est content de trouver lorsqu’on arrive à la découvrir, et dont on n’explique pas l’invisibilité chez nous. En effet, avec la présence dans son casting de la très jolie Mimsy Farmer, avec son scénario astucieux, et avec une réalisation arrivant à créer une véritable ambiance, l’existence du DVD Raro Vidéo est l’opportunité de découvrir cette curiosité.

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Francesco Barilli réalise ici son premier long métrage. Peu connu dans l’univers du bis Italien, il est pourtant le co-auteur de l’excellent Qui l’a vue mourir de Aldo Lado avec Massimo D’Avak, qu’il retrouve pour ce Parfum de la Dame en Noir, qui n’a rien à voir avec le roman éponyme de Gaston Leroux. Une solide expérience donc pour cette plongée cauchemardesque du personnage de Silvia entre rêve et réalité…

Silvia est une jeune scientifique qui passe son temps à ses recherches. Un jour, elle assiste à une séance occulte vaudou et va commencer à être victime d’apparitions étranges et surnaturelles en rapport sur son propre passé… Révéler plus d’éléments nuirait à une solide narration onirique et symbolique très malin qui mérite au moins deux visionnages. Le film est sans cesse un miroir, les deux facettes d’une même image, et la thématique du double est sans cesse évoqué dans le fond comme dans la forme. Silvia est une scientifique, et travaille donc dans un milieu rationnel et cartésien, et va se retrouver face à des éléments surnaturels et inexpliqués. La grande force de ce scénario est de petit à petit se révéler un peu plus, et le personnage auquel on s’identifie laisse petit à petit découvrir sa véritable personnalité, plus complexe qu’elle ne semble…

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UN GIALLO ATYPIQUE

Une grande réussite est bien évidemment l’interprétation de ce personnage par la magnifique Mimsy Farmer (La Traque, More, Deux Hommes dans la Ville), qui incarne parfaitement cette dualité, mélange de fragilité et de femme libérée, à la fois enfantine et forte. C’est l’une de ses trois incursions dans le giallo avec les 4 Mouches de Velour Gris de Dario Argento et Frissons d’Horreur d’Armando Crispino.  Toutefois, même si ce film se présente comme un film respectant les codes du genre, il les transgresse sans cesse. En effet, le film oscille entre fantastique et policier. On suit bien un personnage ordinaire qui est pris malgré lui à la recherche d’une vérité en réunissant des indices, afin de découvrir qui se cache derrière ces faits. Un peu d’érotisme et de sang se met en place au cœur d’un milieu urbain, et pour beaucoup le film peut se rattacher à ce genre, tout du moins à sa frontière.

Pourtant, des éléments fantastiques font son incursion dans cette diégèse. Les visions de Silvia sont-elles le fruit de l’occulte ou de la folie ? C’est cette fine frontière sur laquelle joue le scénario qui permet de créer une ambiance particulière. Pour cela, la réalisation multiplie les références.

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MIMSY AU PAYS DES MERVEILLES

Francesco Barilli s’inspire de plusieurs oeuvres et il est parfois impossible de dire si il s’agit d’hommage ou de pure reprise icônique ou scénaristique. On pense en vrac à Sueurs Froides d’Hitchcock, à Polanski, à Ne vous retournez pas de Nicholas Roeg, mais aussi au travail de Dario Argento et de Mario Bava qui inspirent ici Barilli par la forme. En effet, les mouvements de caméras délicats, les éclairages et les cadrages stylisés et travaillés avec intelligence sont au final enivrants et totalement en accord avec le film. D’ailleurs, l’hôtel dans lequel se passe ce récit a déjà été vu dans La Fille qui en Savait trop et dans Mais la plus grande référence de ce Parfum est bien évidemment Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll, avec sa temporalité éclatée (une goutte de sang apparaît sur une chaussure alors que celle-ci sera tâchée bien longtemps après), avec ses situations burlesques comme la séquence où Silvia sert le thé, et le personnage de Silvia jeune qui est calqué sur celui d’Alice…

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Pourtant faut-il y voir les limites d’une réalisation ? Non, car avec ces éléments, Francesco Barilli arrive non seulement à créer une véritable atmosphère unique, mais aussi à posséder son propre style qui rappelle un puzzle. D’ailleurs le film en est clairement un, avec ses indices placées ici et là, avec sa musique hypnotique, avec ses situations expressionnistes et mystérieuses et dont la dernière pièce permet une nouvelle vue d’ensemble, un nouveau regard sur ce film-labyrinthe.

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Pour tout fan de raretés à l’Italienne, celle-ci en est bien une. Une étrangeté un peu inclassable qui mériterait une redécouverte urgente. Le DVD italien de Raro Vidéo est assez propre et possède des sous titres anglais, ce qui fait de ce disque commandable chez l’éditeur pour une poignée d’euros un achat plus que recommandable.

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